Plus d’autonomie, moins de sécu? PDF Imprimer Envoyer

La suppression de la solidarité et l’écart économique en Flandre et en Wallonie ne sont pas les seuls tabous à briser. La scission de la sécurité sociale est le troisième tabou qui gêne la Wallonie dans sa vision du futur. Les politiciens continuent à répéter que la sécurité sociale doit rester une compétence fédérale. Par conséquence aucun politicien flamand n’ose rouvrir le débat. Les trois piliers de la sécurité sociale (pensions, chômage, soins de santé) restent donc intacts. Ou pour reprendre les mots du professeur Robert Deschamps : "il y a des demandes flamandes qui déstabiliseraient le fédéralisme belge".

Et pourtant, pas tous les Wallons sont du même avis...

Philippe Moureaux, vice-président du PS et participant du dialogue de communauté à communauté, estime qu’il faut discuter de tout, y compris de la sécurité sociale. Il accepterait même de défédéraliser une partie de la sécurité sociale. Les allocations familiales, par exemple.

Une sécu scindée à deux vitesses ou une sécu fédérale sans vitesse

La Wallonie craint une sécu à deux vitesses. Il faut se poser la question si l’on peut financer la sécurité sociale telle qu’elle existe aujourd’hui, sans qu’on ait une assurance optimale contre le chômage. A l’exception du Danemark (2.7%) aucun pays ne dépense autant d’argent aux allocations de chômage que la Belgique (2.4%). Pourtant, les allocations individuelles sont médiocres. Notre système de chômage n’est donc pas une vraie assurance puisqu’il est trop sélectif. Les jeunes déscolarisés devraient être poussés à trouver un emploi de manière à ce qu’ils ne s’appuient pas sur un système auquel ils n’ont jamais participé.

Notre politique de santé nationale tellement élogieuse n’est plus en tête du classement européen. En 2006 on occupait la septième place, une année plus tard la dixième et maintenant on n’est plus qu’à la douzième place de la liste. Entre temps, le patient belge doit de plus en plus mettre de sa poche : sa part a augmenté les dernières année de 23% à 30%. Il faut donc tirer la sonnette d’alarme et ambitionner une nouvelle politique de santé, plus orientée vers la prévention et moins vers le curatif. On dépense aujourd’hui 10% de notre PNB (produit national brut) aux traitements curatifs et à peine 0.1% à la prévention. Pourtant, notre santé est beaucoup plus définie par nos habitudes de vie : fumer, l’excès de poids etcetera. Ceci engendre un tout autre point de vue et des budgets à modifier. Car la prévention est d’ores et déjà une compétence régionale.
La pension légale est faible comparée aux pays voisins. Il est tout à fait plausible que les retraités devront se contenter d’un revenu qui tombe à un quart de leur revenu professionnel et que leur niveau de vie baisse aussi. Le gouvernement fédéral devrait considérer le financement des pensions comme tâche principale. Il ne peut s’engager à cela qu’ à condition d'économiser et de pas faire de dépenses qui pourraient être revendiquées par les régions. Une réforme d’état avancée pourrait être rachetée par les Flamands au moyen d’un fonds de réparation qui pourrait faire diminuer les cotisations sociales et relever les pensions. Sans les réformes drastiques, on risque la régression dans tous les domaines.
 
 
 

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