| Plus d’autonomie, moins d’emploi? |
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En Wallonie, on est convaincu que la régionalisation d’instruments politiques, économiques tels que l’impôt sur les sociétés, la politique salariale et la politique de l’emploi creuseront encore plus les écarts entre le Nord et le Sud. Et c’est surtout la Wallonie qui, en tant que maillon faible, sera la plus touchée. Et pourtant, pas tous les Wallons sont du même avis... Début décembre 2008 les ministres de l’emploi flamand et wallon, Frank Vandenbroucke et Jean-Claude Marcourt, ont lancé un appel pour entamer le dialogue au profit du progrès économique. Une politique du marché de l’emploi régional mènera à une meilleure coopération entre les régions. On s’etait mis d’accord sur le transfert de l’assistance et le suivi actif des chômeurs ainsi que sur la formation et le congé de formation. En Flandre on considérait ce plan trop faible mais c’était tout de même une lueur d’espoir dans le dialogue bloqué. A Bruxelles par contre, l’accord entre les ministres régionaux n’a pas été apprécié par la ministre fédérala de l’emploi, Joëlle Milquet, qui réprimandait son collègue wallon sans avancer d’ arguments valables. Différents remèdes pour d’autres diagnostics 14.9% de la population wallonne active est à la recherche d’un emploi pour 5,9% en Flandre . En Wallonie ce sont surtout les jeunes qui sont sans travail. En Flandre par contre il faut surtout stimuler les travailleurs âgés à rester actifs. Les métiers les moins populaires sont également différents selon la région. En Wallonie on manque par exemple de bouchers, alors qu’en Flandre on manque d’ingénieurs. Le programme fédéral de soutien à l’emploi, qui est utile pour la Flandre, serait sans valeur pour la Wallonie et inversement. La Wallonie a besoin de compétences qui comblent le fossé de prospérité qui sépare la Wallonie et la Flandre. On ne guérit pas deux maux différents par le même médicament. Dès 1980 la Wallonie fut compétente pour la politique économique. Mais jusqu’à présent elle ne pouvait se servir que de subventions pour la stimulation d’entreprises. Une réduction régionale sur l’assiette d’impôt fédérale pourrait quand-même générer plus d’emplois et moins de coûts administratifs. En plus on est assuré que tout le monde bénéficiera d’une telle mesure. La Wallonie n’y perd rien. Le plus fort c’est qu’ une diminution de 2 % coûterait moins en Wallonie qu’en Flandre puisqu’il y a moins d’entreprises. En outre il faut être capable d’affronter la concurrence fiscale – avec les pays voisins – afin de garder une économie concurrentielle et de pouvoir financer la solidarité dans ce pays. En citant Louis Michel : "Un peu plus d’autonomie fiscale, ça ne peut faire de mal". On n’y gagnerait donc pas en maintenant une politique aux intentions égalitaires. Et surtout pas en Wallonie. En fixant la norme salariale au niveau belge, on est tenu d'appliquer des mesures égalitaires en Flandre comme en Wallonie. Malheureusement, l’économie en Wallonie est moins concurrentielle qu’en Flandre. Alors un employeur en Wallonie doit parfois payer plus pour un employé qu’en Flandre. En abandonnant la concertation salariale nationale, la différence entre la Flandre et la Wallonie augmentera certainement mais en même temps on attirera plus d’investissements en Wallonie et de cette manière on créera plus d’emplois. La reprise économique en Wallonie est déjà annoncée par les politiciens wallons depuis 20 ans. Mais les chiffres du Bureau du Plan sont clairs et nets: on s’attend à une augmentation du chômage et l’écart entre la Wallonie et la Flandre se creusera de plus en plus. |


